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Qui suis-je ? (2e partie)

samedi 25 juillet 2015, par Sylvain

(ou de l’importance de mettre nos pièces dans le bon ordre)

Préambule :
Il y a presque mille ans, Anselme de Canterbury, moine bénédictin considéré comme un des pères de la scolastique, défendait un principe important qui dit que la foi précède la connaissance. Car c’est la foi (la confiance) en l’Éternel qui ouvre la porte à une connaissance spirituelle de Dieu, de soi et du monde.
Ce qu’il y a d’extraordinaire, et cela se retrouve à de multiples reprises dans les Évangiles, c’est que cette connaissance-là reste impénétrable à l’intelligence d’un être humain qui vivrait encore selon la chair, aussi calé ou cultivé fût-il. Tandis qu’elle se dévoile à toute personne née d’eau et d’esprit, quel que soit son niveau d’instruction et ses capacités intellectuelles.
Parce que lorsque nous parlons de « connaissance », il nous faut considérer ici quelque chose de bien plus vaste qu’une connaissance et une compréhension exclusivement « cérébrales ». En effet, il s’agit là d’une connaissance qui implique et pénètre notre personne tout entière.
Dès lors, cette progression (foi – connaissance) favorise l’enracinement en profondeur de la science des choses d’en haut qui sont l’essence du long processus de notre régénération et de notre croissance spirituelle.


Tout en gardant dans notre cœur le Psaume 1 qui concluait la première partie, en nous indiquant la direction à suivre, mettons maintenant, comme on le dit en Orient, le chemin sous nos pas !

L’Ancien Testament [1] distingue en nous trois « dimensions » spirituelles qui, dans le texte, peuvent tour à tour être traduites en français par les mots souffle, âme, ou encore esprit.
Force est de constater que dans le langage courant (et tant Platon que le 4e concile de Constantinople, puis Descartes y ont leur part), les définitions de l’âme et de l’esprit se sont pas mal embrouillées, certains dictionnaires allant même jusqu’à les confondre… Et pourtant !

Je crois que cette triple distinction, faite en hébreu, constitue une clé primordiale pour la connaissance de qui nous sommes et pour la compréhension de notre manière de fonctionner. Voyons de quoi il en retourne !

La première de ces dimensions est la nephesh.
Ce mot, que l’on retrouve dans près de 700 versets, désigne le souffle qui donne vie à tous les animaux de la création. La nephesh anime tout ce qui, sur terre, a la vie par le sang. Dans notre cas particulier d’êtres humains, elle est notre part dite « animale », le siège de nos divers instincts (de conservation, de reproduction, de compétition, etc.). Elle est aussi celui de nos appétits, de nos passions et de nos désirs.

La deuxième dimension est le rouah.
Ce mot, présent dans environ 350 versets, a plusieurs acceptions, mais il est en particulier le siège de notre « moi » profond, de notre raison, de notre intelligence et de nos autres actions mentales. C’est au niveau du rouah que nous forgeons notre volonté et que nous opérons nos choix.

La troisième dimension est la neshama.
Ce mot, que l’on ne retrouve que dans une vingtaine de versets, désigne le souffle très particulier que Dieu, dans toute la création, a insufflé exclusivement à l’être humain.
La neshama est en quelque sorte l’étincelle divine qui, ici-bas, nous rend « capables de Dieu ». Ce n’est que par elle, sous l’action de l’Esprit-Saint, que peut se révéler en nous le désir de retrouver la communion avec la source de Vie qu’est l’Éternel.
Pour donner un petit exemple, c’est seulement en étant inspirés par elle que nous pouvons faire le bien à autrui par amour, de manière totalement désintéressée.

Embrassons encore ces notions qui me semblent vraiment importantes sous un angle légèrement différent, avec une définition de base donnée par monsieur Albert Soued :

« Les trois aspects de l’âme ne sont que des “couleurs” donnant à l’être humain créé son identité et sa spécificité, l’âme étant une et indivisible. En fait, il y a des liens étroits entre ces trois nuances. Nephesh supporte et nourrit le corps, comme une mère porte son bébé : elle constitue un piédestal, un trône sur lequel s’appuie rouah, l’esprit inférieur, qui, lui-même, reçoit l’esprit supérieur neshama. Inversement si neshama qui est destinée à briller et à resplendir au Paradis, n’y parvient pas, rouah reste terne et ne peut animer sa base, qui à son tour, erre sans but. »

À ce stade, si nous croyons et comprenons cela, je crois que notre responsabilité consiste alors à nous efforcer de faire vivre de manière ordonnée et harmonieuse nos trois dimensions, ou couleurs, spirituelles. Pour cela, nous avons impérativement besoin de rétablir la communion avec notre Père céleste, de nous nourrir des enseignements vitaux qu’Il a cachés dans les Écritures, et de nous encourager par le témoignage des frères et sœurs en Christ que nous côtoyons ou qui nous ont précédés sur notre chemin de vie et de foi.
Si au contraire nous ignorons cela ou n’y croyons pas, nous nous soustrayons à ce travail de fond, contribuant alors à la mise en action de mécanismes dévastateurs, et, sans nous en rendre compte, nous ouvrons la porte – en nous en faisant les instruments – à toutes sortes de calamités qui rongent et infectent notre propre existence et celle de notre entourage !

Mais si vous le voulez bien, nous essayerons de développer tout cela dans la 3e partie.

Bien à vous,

Sylvain

Notes

[1je préfère l’appeler Premier Testament à cause de la connotation passéiste, voire périmée, que revêt aujourd’hui ce terme ancien