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Apprends-nous à prier ! (1ère partie)

mardi 26 janvier 2016, par Sylvain

Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples.
Il leur dit : Quand vous priez, dites :

Luc 11 :1-2a

Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour se montrer aux hommes. En vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense.
Mais toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier :

Matthieu 6:5-13

Je vous propose de nous lancer dans une mini-série qui nous plongera dans le texte biblique certainement le plus mémorisé et surtout le plus prononcé au monde : Le Notre Père.
Partons donc à sa (re)découverte, histoire de lui refaire place dans nos cœurs et dans nos vies. Car à force de le réciter, parfois (souvent ?) en mode "automatique", nous risquons fort de devenir imperméables à l’essentiel dont il est porteur.

Lorsque nous abordons un texte biblique, il est très bon de remettre premièrement ce temps de lecture et d’étude entre les mains de Dieu et de faire place à son Esprit.
Ensuite, pour aider ledit texte à trouver son chemin en nous servant aussi de notre intelligence, il me semble profitable de se poser quelques questions de base :

- quel est le contexte dans lequel s’enracine ce texte ?
- à qui est-il originellement adressé ?
- quelle est l’intention de l’auteur ?
- en quoi cette Parole contribue-t-elle à me faire grandir aujourd’hui ?

Pour cela, nul besoin d’être un théologien de haut vol et d’apporter des réponses savantes. L’exercice peut se faire à tous les niveaux, depuis des points de vue très divers, l’important étant de porter un véritable intérêt aux paroles lues, d’avoir le profond désir d’en comprendre un peu plus et que cela ait une influence bénéfique sur notre manière de vivre en nous rapprochant du Christ.

Allons-y !

Quel est le contexte du récit ?
Les disciples de Jésus étaient les personnes qui le côtoyaient le plus. Ils voyaient qu’Il passait beaucoup de temps à l’écart pour prier. Tout comme lui, ils étaient imprégnés de la culture et de la tradition juive, ils avaient probablement appris par cœur différentes prières, souvent tirées des Psaumes, mais ils se rendaient compte qu’il y avait quelque chose de plus à découvrir dans la manière de prier de Jésus, une autre dimension, spirituelle, dans laquelle progresser.
Alors, un jour, après avoir discuté avec les disciples de Jean-Baptiste, ils souhaitèrent que Jésus, leur maître, les instruise, lui aussi, sur une meilleure manière de prier.
La formulation de la question du disciple qui s’adresse à Jésus n’est donc pas anodine : « enseigne-nous à prier » et non pas : « apprends-nous une super nouvelle prière ».
Les disciples désiraient véritablement faire un pas supplémentaire dans leur vie de foi, et pas juste apprendre une prière de plus.
Dans le passage de l’Évangile de Matthieu (encore au fameux chapitre 6 !), le Christ dévoile son intention en prenant d’abord un contre-exemple. Il commence en expliquant comment il ne faut pas prier. Et force est de constater que sous certains aspects, nous ressemblons souvent à des moulins à paroles qui noient leurs prières dans de grandes phrases sans finalement s’y impliquer comme il faudrait.

Qui sont les destinataires de cet enseignement de Jésus ?
Jésus s’adresse ici à ses disciples et pas directement à la foule (l’humanité tout entière). C’est-à-dire à des hommes et des femmes qui ont accepté de bouleverser leurs priorités de vie pour le suivre et mettre en pratique ses enseignements et ses commandements. Ceci est confirmé par le début de la réponse qu’Il leur donne, et qui nous permet du même coup d’aborder l’objet de la troisième question :

Quelle est l’intention de l’auteur ?

Notre Père qui es aux cieux,

Notre père…

Pour pouvoir appeler Dieu « Notre Père », il faut être de ses enfants. Cela semble logique, mais au fond, qui sont les enfants de Dieu ? La réponse nous est donnée au tout début de l’Évangile de Jean.

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.
Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

Jean 1 : 9-13

Cette filiation rendue possible par le Christ, n’est pas naturelle, elle n’est pas non plus automatique au moment de notre naissance « physique », ni ne se transmet de génération en génération comme certaines caractéristiques génétiques, mais elle est le résultat d’une adoption par Dieu, pour laquelle nous avons un choix personnel à faire ; celui de croire en son nom ou pas. Or, le verbe croire, « pistevo » en grec, ne se borne pas au simple fait d’accepter intellectuellement que Jésus est bien le fils de Dieu. Il contient les notions de confiance absolue et d’auto abandon. Essayons d’y penser chaque fois que nous rencontrons ce verbe croire dans les Évangiles.

Notre Père…

(à suivre...)