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Le sens de nos sens

jeudi 17 septembre 2015, par Sylvain

Il y a quelque temps, de bon matin, lorsque, je suis sorti de chez moi, à l’Est le ciel se parait déjà des prémices d’un lever de soleil d’anthologie. Le temps de parcourir quelques centaines de mètres à pied jusqu’à un lieu propice à sa contemplation, le fabuleux spectacle avait commencé.
Il serait illusoire autant que prétentieux de tenter de le décrire par des mots, tant les nuances d’orangers et de roses assorties à un camaïeu de gris-bleus et au turquoise du ciel étaient subtiles et merveilleuses, tant les immobiles silhouettes ciselées des montagnes renforçaient la lente mutation des volumes nébuleux qui les dominaient pour quelques instants.
Et c’est précisément le caractère éphémère, voire furtif, du phénomène qui lui donne une dimension toute particulière.

De la même manière la vie du croyant est émaillée d’événements forts et d’expériences marquantes mais elle n’est jamais un feu d’artifice continu. Elle est faite de hauts et de bas, de moments de communion intense ou alors de silences et d’apparente solitude.
Il est donc primordial d’être le plus possible en éveil afin de ne pas manquer ces rendez-vous que Dieu nous donne dans nos journées pour nous rappeler sa présence, son incomparable grandeur de Créateur du ciel et de la terre et son amour de Père pour ses enfants.

En regardant tout à coup passer un joggeur qui courrait en contrebas dans la direction opposée au spectacle offert, je me suis demandé combien de fois j’avais aussi manqué des tête-à-tête avec mon Dieu à cause de mes activités, ou parce que je n’avais juste pas su regarder dans la bonne direction au bon moment.

Après plusieurs minutes d’enchantement visuel, le cœur rempli de joie et de reconnaissance, je me remis en marche, tournant le dos à la fin du lever du soleil mais profitant encore pour un temps de ses effets rougeoyants sur les nuages qui me faisaient face. Puis tout à coup, les jeux de lumières qui quelques secondes auparavant modelaient encore ces nuages avec finesse, s’estompèrent puis s’éteignirent, c’était fini !

Un peu plus tard, après l’abrupte montée du chemin de la Tour de Marsens, que j’aime particulièrement, j’empruntai le chemin du Signal et là, plusieurs choses me sont venues à l’esprit :
D’abord que s’il arrive souvent à Dieu de manifester sa gloire dans de sublimes phénomènes oculaires comme les levers ou les couchers de soleil, Il le fait aussi dans le gazouillis discret des oiseaux, dans le léger parfum des feuilles mortes et de l’humus, dans la douceur du pelage de mon lapin ou dans le goût délicat d’une noisette ramassée en lisière de forêt.
J’ai alors réalisé qu’avant d’être les vecteurs de nos propres plaisirs charnels, tous nos sens étaient en fait premièrement de fabuleux capteurs permettant à notre être physique de percevoir des signes de l’omniprésence de la main de Dieu derrière sa création.
Ensuite, je me suis fait l’amère réflexion que tout ce qui autour de nous masquait ou tendait même à détruire ces signes, était la conséquence de certaines de nos activités humaines.
Entendez-vous cette rumeur perpétuelle qui monte de l’autoroute ? Sentez-vous cette odeur âcre qui s’échappe de la cheminée de cette usine ? Vous souvenez-vous du parc arborisé et du chemin bucolique qu’il y avait ici avant que des promoteurs avides en fassent un lieu virtuel de grand luxe et une zone bien réelle de désolation ?
Comprenons-nous bien ! je ne prétends pas que toute activité humaine soit néfaste, loin de là. Je constate juste que tout ce qui a pour effet de nous faire oublier notre Père céleste découle de certaines de nos activités humaines, de plus en plus compliquées et astreignantes, de plus en plus destructrices et vampirisantes, et souvent motivées par des intentions qui ne sont pas justes : cupidité, égoïsme, orgueil, etc.

Soyons donc attentifs à la voix du Christ qui, à travers les Écritures, nous enjoint à nous maintenir éveillés, à sans cesse rechercher sa face, car il sait que dès que nous détournons notre regard et laissons notre nature charnelle reprendre le dessus, nos pas s’éloignent du sentier qu’Il nous a tracé et nous nous exposons alors aux errances et à la chute.

Ci-dessous et en guise de conclusion, voici le début de la seconde épître de Pierre qui est un appel et un encouragement à garder et repasser au fond de notre cœur.

Belle journée,

Sylvain

De la part de Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ. À ceux qui, par l’œuvre salutaire de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, ont reçu une foi aussi précieuse que la nôtre :
Que la grâce et la paix vous soient accordées avec abondance, par la vraie connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur.
Par sa divine puissance, le Seigneur nous a donné tout ce qui nous est nécessaire pour vivre dans l’attachement à Dieu ; il nous a fait connaître celui qui nous a appelés à participer à sa propre gloire et à son œuvre merveilleuse. C’est ainsi qu’il nous a accordé les biens si précieux et si importants qu’il avait promis, afin qu’en les recevant vous puissiez échapper aux désirs destructeurs qui règnent dans le monde et participer à la nature divine. Pour cette raison même, faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi la bonne conduite et à la bonne conduite la vraie connaissance de Dieu ; à la connaissance ajoutez la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance et à la persévérance l’attachement à Dieu ; enfin, à l’attachement à Dieu ajoutez l’affection fraternelle et à l’affection fraternelle l’amour. Si vous avez ces qualités et si vous les développez, elles vous rendront actifs et vous feront progresser dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais celui qui ne les possède pas a la vue si courte qu’il est comme aveugle ; il oublie qu’il a été purifié de ses péchés d’autrefois.
C’est pourquoi, frères, efforcez-vous encore plus de prendre au sérieux l’appel que Dieu vous a adressé et le choix qu’il a fait de vous ; car, en faisant cela, vous ne tomberez jamais dans le mal. C’est ainsi que vous sera largement accordé le droit d’entrer dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

2 Pierre 1 : 1-11