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A comme... Adam

lundi 12 octobre 2015, par Sylvain

Comment ne pas débuter cet abécédaire des figures bibliques par Adam, premier homme du récit de la création ?
Pourtant, en le présentant comme ça, je m’en veux presque de renforcer l’image un brin simpliste et réductrice que nous trainons souvent depuis "l’école du dimanche" et qu’ont entretenue ensuite certains tableaux de la Renaissance.

Nous n’avons juste pas idée, et moi le premier, des nombreuses explications et représentations symboliques liées à Adam, que ce soit dans les Ecritures ou plus largement encore dans l’abondante littérature juive. Mais je pense que nous pouvons déjà tirer quelque chose de positivement structurant du peu que nous connaissons.

Adam ! En hébreu, ce mot signifie : "de la terre" et par extension "être humain". Notons en passant que la racine latine du mot "humain" est justement le mot "humus" qui veut dire "le sol", "la terre".
Le mot "humilité" partage cette même origine et, le sachant, il me semble assez bon de nous dire que l’humilité commence peut-être par se souvenir que notre extraordinaire part corporelle est composée d’éléments chimiques simples que l’on retrouve en abondance dans la nature, et qu’inéluctablement notre cycle de vie terrestre finira par les y faire retourner un jour. Autrement dit, que physiquement nous sommes poussière et que nous retournons à la poussière.

Tout au long du Premier Testament, en hébreu, on retrouve le mot "Adam" pour parler du genre humain. En comparant diverses traductions françaises du livre de la Genèse, nous nous apercevrons que parfois ce mot "Adam" est traduit par le mot "homme" et parfois il ne l’est pas, pouvant alors être pris comme un prénom.

Lorsqu’on pense "Adam", on pense assez naturellement "Eve" (la vivante, celle qui donne la vie). Et, aussitôt, on pense assez bêtement "pomme" ou "fruit défendu"...

Aujourd’hui, je suis assez contrarié par certaines thèses que l’Eglise a véhiculées pendant des siècles à propos de ce récit, fondant en particulier cette écrasante notion de "péché originel" avec tout son cortège d’idées profondément légalistes au mauvais sens du terme et dépourvues de la moindre once d’amour.

Allons bon ! sans aller trop loin, essayons de renouveler un peu notre lecture de cet épisode dit de la chute relaté au chapitre 3 du livre de la Genèse, car il est riche d’enseignements pour chacun de nous aujourd’hui, tant sur le plan personnel que sur le plan de l’humanité entière.
Il me semble en effet, qu’il nous raconte que chaque fois que, influencés par notre égo, nous choisissons de nous servir plutôt que de servir les autres, selon les principes de vie que nous a donnés notre Créateur, nous ouvrons plus ou moins largement la porte au mal (ce qui divise, ce qui étouffe l’amour et nous éloigne de Dieu) et nous favorisons sa propagation autour de nous.
Pour nous en convaincre, il suffit de regarder et de réfléchir à la manière dont la conjonction de tous nos choix égoïstes, à tous les niveaux, entretient et accentue le dramatique pétrin dans le quel se trouve le monde aujourd’hui.

Mais n’oublions surtout pas que nous avons aussi, dans l’autre sens, de quoi nourrir notre espérance et de nous trouver encouragés, en considérant le pouvoir réparateur et libérateur de très nombreux foyers de service au nom de l’Amour, que ce soit au près ou au loin.

Quelques statistiques :

Dans la traduction de Louis Segond (traduction de référence pour nos statistiques), le mot "Adam" apparait une vingtaine de fois, réparties dans 8 livres de la Bible : 3 du Premier Testament, et 5 du Nouveau Testament.
Dans la Bible hébraïque, il apparait plus de 400 fois.