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Choisis la vie !

samedi 26 décembre 2015, par Sylvain

J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.
Deut. 30:19-20

Même s’il ne figure pas dans le top 5 des textes bibliques les plus connus, cet extrait du livre du Deutéronome [1] nous donne à réfléchir à quelque chose de très important.
Nous trouvons en effet ici, exposée en quelques mots, une des singularités principales qui distinguent les êtres humains des animaux, à savoir la capacité fondamentale de choisir délibérément notre chemin de vie intérieur, et donc d’exister en fondant nos actes et nos paroles sur des réflexions plus ou moins complexes, alimentées par nos connaissances et nos croyances, plutôt qu’uniquement sur des instincts naturels programmés.(Nous reviendrons à cet important sujet "anthropologique" dans un futur article).
Toutefois, ne perdons pas de vue que, indissociable de cette faculté et de cette liberté, gages d’un Amour sans pareil, nous héritons la responsabilité de nos choix et le fait d’avoir à en assumer pleinement les conséquences dans tous les domaines de notre existence.
Oui mais bon, à la lecture de ce passage (et comme c’est le cas pour bien d’autres dans les Écritures), il est assez tentant de penser que Dieu, de manière égocentrique et un brin perfide, nous fait gentiment croire qu’on a le choix, mais nous fait bien comprendre entre les lignes que finalement si on ne choisit pas ce qu’Il veut, alors attention à la correction !
Cette dangereuse manière de penser est de la même nature que l’argumentaire qui au début du récit de la Genèse a convaincu Adam et Eve de commettre une grave erreur... , et penser de la sorte nous conduirait à nous méprendre tristement sur les intentions et sur l’Amour que Dieu nourrit à notre égard.

Regardons donc ça d’un peu plus près !

Tout d’abord, bien que s’adressant originellement au peuple d’Israël, en tant que groupement d’individus (vous), mais aussi en tant que peuple constitué (tu), je crois que ce texte interpelle aussi chaque être humain (et chaque société) qui le lit ou l’entend n’importe où sur la terre et en tous les temps. Ce passage commence d’ailleurs par nous informer de l’universalité de l’exhortation qu’il va énoncer : le ciel et la terre sont pris à témoin contre nous.
Puis l’Eternel expose l’alternative devant laquelle tout être humain se trouve tout au long de son passage sur la terre. Avez-vous remarqué que ce choix capital qu’Il nous invite à faire n’est en aucune manière subordonné aux multiples circonstances de la vie qui, nous le savons bien, nous influencent pourtant tellement. Non, ce choix entre la vie et la mort, entre le bonheur et le malheur, est à faire à un échelon supérieur. Autrement dit, alors que nous ne sommes effectivement pas maîtres de tout ce qui peut nous arriver ici bas, en bien ou en mal, loin s’en faut, nous sommes exhortés à toujours décider au plus profond de nous-même ce que nous en faisons, avec quelle intention et dans quel esprit.
Pas facile ! Cela nécessite une bonne connaissance et une certaine maîtrise de soi, mais aussi une véritable conscience de l’instant que l’on vit, et sa mise en perspective avec notre vie terrestre et avec notre éternité. Or, tout ce qui aujourd’hui nous distrait et accapare notre attention en permanence ne nous y aide vraiment pas, bien au contraire. Et l’image qui me vient à ce stade, est celle d’un chameau interloqué à qui on vient de demander de se faufiler dans le trou de passage d’une aiguille.
Pourquoi ? Eh bien justement parce que selon le même principe que pour ce cher chameau, cette manière d’aborder l’existence n’est rendue peu à peu possible que par la construction d’une relation toujours plus profonde et continue avec notre Père céleste, par la mise à part régulière du temps nécessaire pour le découvrir, pour apprendre à l’aimer et à lui faire confiance, cela en rapport direct avec notre désir de vivre et de grandir avec lui et par lui.
C’est à la mesure de ce que nous l’invitons à intervenir en nous, à nous laisser aimer par lui que nous pouvons réellement devenir une nouvelle création.

Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

Mat. 6:21

Choisis la vie !
Même s’il y a un moment particulier de notre vie où nous avons expressément décidé de placer notre confiance en notre Père céleste et de suivre Jésus Christ, nous devons bien réaliser que ce choix de la "vie" ou de la "mort" que l’Éternel place devant nous n’est pas seulement un choix unique, fait ponctuellement une fois pour toute. Non, il est aussi un choix de tous les jours, voire même de tous les instants. Il est le point de départ de toutes nos intentions, de toutes nos paroles et de nos actes. C’est en lien direct avec ce choix que nos "œuvres" produiront où non des fruits dignes de la repentance (nous reparlerons très bientôt de ce mot essentiel à la si mauvaise réputation).
Et, comme cela a été exposé dans notre mini-série "Qui suis-je", ce choix est totalement dépendant de la dimension spirituelle qui influence notre moi profond, et de l’esprit qui nous inspire et nous guide.
Dès lors, s’opérant premièrement à un niveau spirituel, ce choix est en mesure d’inspirer et de conduire notre manière de vivre et d’agir en ce monde temporel. Et, en passant, je suis convaincu que selon que nous choisissons la "vie" ou la "mort", nous ouvrons ici bas des portes à l’une ou l’autre, nous donnons du pouvoir à l’une ou à l’autre en nous et autour de nous, bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

À ce stade de notre réflexion et devant ce choix que nous sommes appelés à faire et à refaire, j’aimerais juste essayer d’effleurer ici le mystère de l’existence du mal dans le monde.
Dans son désir de relation fondée sur l’amour et par sa volonté de faire de l’homme un être libre et responsable, je pense que Dieu a choisi de rendre possible une alternative au chemin de vie qui conduit jusqu’à lui. Et, en réfléchissant à cela, je me suis dit que pour ce faire l’Éternel n’a peut-être pas eu besoin de créer le mal de toutes pièces. Car le mal semble naître et prendre spontanément son essor du moment que l’on se distancie de Dieu, dès que l’on détourne notre regard de lui et que l’on marche hors de sa lumière. Les Ecritures nous montrent que le malheur germe aussitôt que l’on choisit de se servir soi-même au lieu de servir le Seigneur et notre prochain. Il se répand chaque fois que l’on se laisse berner par le "serpent" qui sème habilement en nous le doute sur la Parole et les promesses de Dieu et qui, par exemple, sait cultiver en nous le découragement comme personne.
Pourtant, à la lecture d’Esaïe 45:7 : "... le formateur de la lumière, le créateur de la ténèbre,le faiseur de la paix, le créateur du mal. Moi l’Eternel, l’auteur de tout cela !" , le mystère reste entier et nous invite à la plus grande prudence et à une juste humilité quant à nos interprétations diverses.

Alors, pour conclure, particulièrement en ce temps de Noël, période dont le sens est de raviver en nous le précieux souvenir de la venue du Christ au milieu de nous et l’annonce de l’Heureuse Nouvelle, ne nous laissons pas détourner par les innombrables diversions lancées par l’esprit de ce monde ! ne nous laissons pas éblouir par toutes ces lumières aux clignotements frénétiques et par tout ce qu’elles symbolisent ! Choisissons la Vie !

Bien à vous tous.

Notes

[1mot qui en grec signifie la seconde loi, mais livre qui en hébreux s’intitule Devarim, ce qui veut dire paroles.