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Un bon appétit !

samedi 18 avril 2015, par Sylvain

(ou comment traquer le cholestérol de l’âme et l’artériosclérose de l’esprit)

Ils leur promettent la liberté, alors qu’ils sont eux-mêmes esclaves d’habitudes destruc­trices, car chacun est esclave de ce qui le domine.

2 Pierre 2 :19

Lors de mes trajets matinaux en transports publics, je croise régulièrement des voyageurs qui, dès potron-minet, déjeunent sur le pouce, en avalant à la hâte une viennoiserie industrielle tiède et lui­sante, accompagnée d’une boisson du même tonneau qui va du breuvage énergétique au soda bien sucré en passant par un éventuel jus de fruit reconstitué.
En fin de journée, mes parcours de retour m’en font rencontrer d’autres qui, peu avant le repas du soir, grignotent qui un paquet de chips, qui une portion de frites, tout en sirotant un demi-litre de thé froid.
Force est de constater qu’une proportion non négligeable de ces personnes, plutôt jeunes, sont dé­jà bien en chair ou en prennent dangereusement le chemin.
Ayant personnellement longtemps fonctionné selon un mode similaire, avant de réaliser la puis­sance dévastatrice qui se dissimulait dans le fait de me laisser conduire par mes petites envies charnelles (ici alimentaires), j’avoue ressentir aujourd’hui une certaine tris­tesse en voyant en mes vis-à-vis les bombes à retardement qui, dans un futur plus ou moins proche, risquent fort de leur péter à la figure, sous forme de sérieuse surcharge pondérale avec toute la panoplie de dommages physico-mécaniques, cardiovasculaires et psychologiques qui va avec.
Remarquez en passant le paradoxe : par l’accumulation inconsciente de ces petits plaisirs fugaces sensés nous faire du bien, nous en venons, sans le réaliser, à metre en péril l’ensemble de notre personne.

Mais ne nous arrêtons pas en route et risquons le pas suivant en nous demandant si tout cela ne serait pas au fond la transposition d’une question bien plus sérieuse qui concerne le soin que nous apportons quotidiennement à nourrir notre âme et notre esprit. Car, comme le dit en substance l’apôtre Paul dans sa première lettre à Timothée, de la bonne santé de notre spiritualité va dé­pendre la qualité de notre vie présente, puis celle de notre vie future :

Les exercices physiques sont utiles à peu de chose ; la piété, au contraire, est utile à tout, car elle nous assure la vie présente et nous promet la vie future. C’est là une parole certaine, digne d’être accueillie par tous.

1 Timothée 4 :8-9

Alors, comment nourrissons-nous quotidiennement notre âme ? Quels exercices pratiquons-nous pour son épanouissement en vue du développement de notre communion avec notre Père céleste mais également de notre bonne disposition envers celles et ceux qui nous entourent ? Souvenons-nous de la réponse si connue donnée par Jésus au tentateur dans le désert :

Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Mathieu 4 :4

Sommes-nous suffisamment attentifs ? Avons-nous conscience des effets secondaires indésirables se manifestant lorsque, par faiblesse, par irréflexion ou par distraction nous consommons une nourriture immatérielle de substitution saturée de mauvaises graisses ou de sucres pernicieux ? Une nourriture qui pour un peu de temps nous laisse une impression de satiété et surtout le désir d’y revenir, mais qui en réalité encrasse les artères de notre esprit et tend à prendre la place de la véritable nourriture céleste dont nous avons bien supérieurement besoin.
Il n’est pas toujours facile d’identifier ces « aliments » inopportuns qui, à longueur de journées et de soirées, viennent parasiter nos âmes (souvent par l’intermédiaire de ces petits et grands écrans toujours plus présents et que, hélas, nous « chair »issons tant…) Pas facile, car leur consomma­tion s’est subrepticement immiscée dans notre culture et nos habitudes jusqu’à en paraître natu­relle et inoffensive, voire bénéfique et indispensable.
Mais prenons juste un exemple courant et apparemment anodin : est-ce que, autour de 22h30, après le visionnage d’un film d’une heure et demie, émaillé de scènes violentes, de sexe plus ou moins explicite et d’humour convenu, nous arrivons à mettre pleinement à part un temps de com­munion avec notre Dieu ? Un temps consacré à la prière ou à la lecture féconde de sa Parole ? En avons-nous d’abord seulement envie, alors que cela serait un moment tellement propice pour faire le bilan de la journée écoulée avant de pouvoir entrer en paix dans le repos de la nuit ?

Lorsque nous prenons soin de bien nourrir notre corps, est-ce que nous mangeons n’importe quoi n’importe quand ? Évidemment non ; nous essayons de prendre des repas équilibrés, sans précipi­tation et selon un rythme réglé. Nous tâchons d’ingérer des vitamines, des protéines et d’autres éléments que nous pensons profitables, pas trop de glucides ou de lipides. Et tout cela est juste et bien, car en faisant ainsi nous respectons notre corps, cette merveilleuse et très précieuse interface qui, souvenons-nous en bien, nous a été donnée ici-bas pour une durée qui nous est totalement in­connue.

Dès lors, en nous inspirant de ce modèle matériel visible, encourageons-nous à faire de même avec notre part spirituelle qui de par sa vocation éternelle est tellement plus importante que notre corps physique éphémère. Et apprenons de cette manière à éprouver une joie et un plaisir aussi intenses lorsque nous nour­rissons judicieusement notre âme que lorsque nous dégustons un mets délicat à la table de notre restaurant préféré.

Chers amis, je nous souhaite à tous le meilleur des appétits !

Sylvain


Fais de l’Éternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire. Recom­mande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance et il agira.

Psaume 37 :4-5