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Un cœur pieux ?

samedi 1er août 2015, par Sylvain

Ce soir, à l’occasion des célébrations du 1er août, comme j’imagine dans la majorité des communes de notre pays, nous allons consacrer un temps au chant de notre hymne national : le « Cantique suisse », ce chant dont on sourit souvent de n’en connaître que le premier couplet, et encore… C’est aussi mon cas (mais je me soigne) et en le relisant ce matin, je me suis dit que c’était très dommage.

Nous qui nous disons chrétiens, arrêtons-nous donc un moment sur les paroles singulières de ce chant, somme toute assez récent : composé en 1841 par Alberich Zwyssig (1808-1854) avec les paroles allemandes de Leonhard Widmer (1809-1867) il devient hymne national avec un statut provisoire en 1961 puis définitif en 1981. Le texte officiel français est de Charles Chatelanat, pasteur, écrivain et poète vaudois. (1833-1907)

Dans ce véritable cantique, à la fin des trois premières strophes il est parlé de cœur pieux. Bah, on a bien une petite idée de ce que cela peut vouloir dire : un cœur qui nous fait penser à Dieu ou un truc du genre. Bon, c’est un mot qui sent un peu la poussière, non ? et pourtant c’est un pan essentiel de notre vie de chrétien.

Quelle est donc la définition du mot « piété » dont est issu l’adjectif « pieux » ?

Etymologiquement :
la pietas est une vertu romaine dans laquelle il y a une idée de dévotion et de devoir.

Selon Larousse :
Vertu qui dispose à rendre à Dieu l’honneur qui lui est dû par les actes extérieurs de la religion.

Selon l’Académie française :
Attachement plein d’amour et de révérence, qui se manifeste par des marques de respect, des actes de dévouement.

Oh, que la perpétualité de ce mot ressurgit alors subitement pour tout chrétien, selon l’injonction que nous fait à tous le Christ d’aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toutes nos forces, de toute notre âme et de toute notre pensée.
Ainsi, pour faire une petite analogie scolaire, croire en Dieu, pour le chrétien, ce n’est pas une option secondaire (de vie) pratiquée plus ou moins sporadiquement le dimanche matin. C’est la branche (pour ne pas dire le tronc) primordiale dont toutes les autres dépendent.
Et une branche, cela se travaille et s’entretient régulièrement et assidument sinon, justement, cela prend la poussière, cela se charge de vérités tronquées qui insidieusement deviennent erreurs et errances conduisant à la ruine de l’âme. Je l’ai suffisamment expérimenté moi même pour pouvoir le dire ici en toute simplicité.

Alors, comment chantons-nous ce cantique ? Que fait-il vibrer en nous ?
Lorsque nous le chantons, Dieu se bouche-t-il les oreilles ou prend-Il plaisir à l’entendre ?

En écrivant ce texte, une question m’est subitement venue : Dans combien de pays du monde l’hymne national est-il un chant révolutionnaire ou guerrier ? prenons quelques exemples :

L’hymne italien tout en étant assez « musclé » fait quand même deux fois référence à Dieu,

L’hymne français, composé par un militaire en période de déclaration de guerre, ne fait pas dans la dentelle ni ne se réfère à Dieu hors l’expression « grand Dieu ! ».

L’hymne des Etats-Unis est un chant de guerre faisant également référence au secours du ciel et à la confiance mise en Dieu.

L’hymne allemand est une apologie de la nation sans aucune référence au Créateur.

Réjouissons-nous donc d’avoir encore un hymne qui témoigne de notre reconnaissance à notre Père céleste et qui nous encourage à nous tourner vers lui et à lui confier tous les domaines de notre vie.

Il faut cependant reconnaître qu’aujourd’hui, pour beaucoup, cela ne signifie plus grand-chose, pour ne pas dire que cela hérisse le poil. Il est donc normal qu’un certain nombre de personnes souhaitent modifier le texte de notre hymne national (et supprimer la référence à Dieu dans notre constitution).
Soyons bien conscients que cela participe de la négation et du refus (bien naturels au fond) de la souveraineté de Dieu sur notre pays, de l’impossibilité de faire la relation entre la prospérité dont nous jouissons encore et les bénédictions que Dieu nous a accordées jusqu’à maintenant.

Il n’y a pas besoin de regarder très loin pour comprendre ; l’Europe déchristianisée est entrain de faire la très rude expérience du retrait de ces bénédictions, de la déliquescence de sa prospérité et de sa mise sous la tutelle des idoles auxquelles elle a sacrifié son âme par orgueil, folie et ignorance. À n’en point douter, si nous persévérons dans cette voie, la même chose nous pend au nez.

Lorsque nous avons pris conscience de cela, je crois que c’est notre rôle de chrétien que de le partager avec notre entourage en lui faisant part de nos convictions.

Selon l’image qu’utilisait Martin Luther King, apprenons à devenir des « chrétiens thermostats » plutôt que des « chrétiens thermomètres ».

Joyeux 1er août à tous !

Sylvain